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LA BLASPHÈME

Anick Fortin

 

La Blasphème : il ne s’agit pas d’un roman de tout repos puisque, comme le dit Anick Fortin de son ouvrage :

 

« Il fallait que ça choque  Il fallait de la frustration, de la violence et du cul, il fallait du sang et des morts… c’est plein de tout ça. »

 

Élevée par une mère qui court la galipote et qu’un cancer incurable afflige, la Blasphème est une enfant qui vit dans un hiver de force que Réjean Ducharme ne renierait pas. Quand la mère, n’en pouvant plus de souffrir, lui demandera de l’assassiner, l’Univers entier de la Blasphème basculera dans une énorme tempête de mots et d’actes forcenés dont la littérature québécoise nous offre peu d’exemples.

LES COLONS DE VILLAGE

Anick Fortin

 

« J’ai tiré le pigeon qui flottait dans le ciel. Je l’ai plombé avec ma carabine. Il est tombé, se prenant pour une patate peut-être, car ses plumes n’étaient plus vives ni brillantes. Le pigeon est mort comme un enfoiré, seul sur l’asphalte grise usée par les automobiles, rouges surtout, conduites par quelques enculés qui ne savent pas s’attacher en voiture. »

 

Ainsi commence Les colons de village, le deuxième roman d’Anick Fortin. Dans une petite municipalité de l’arrière-pays gaspésien, un tueur de pigeons défraie la chronique locale, celle que tiennent deux lesbiennes, l’une forte de taille et de gueule, l’autre maigre comme un bretzel et toujours en train de renoter. Ce n’est pas la matière qui leur manque : des pères alcooliques batteurs de femmes, des enfants rebelles et délinquants, des édiles municipaux nuls et dérisoires, des bigotes et une prostituée. Tous sont reliés les uns aux autres, mais pour quel destin ? Dans une écriture qui se démarque de celle de ses camarades écrivaines, Anick Fortin nos invite à un étrange et fascinant voyage au bout de la nuit.

JOURNAL INTIME D’UNE PUTE CONFORME

Anick Fortin

 

« - Té tu v'nue ?
Une semaine. Maybe un mois ago.
Crisse, j'm'en souviens pu.
J'ai trop focalisé sur les détails de peau.
J'ai abusé un peu de l'alcool et mes plaisirs
se sont évaporés tandis que tu me.
Ouais, tu m'as. Mais l'extase,
je m'en souviens pas.
Je suis lâche. Je suis vilaine.
Je suis née en 1982.
»

 

Ces quelques lignes d'Anick Fortin disent bien dans quoi on s'embarque quand on ouvre Journal intime d'une pute conforme. Jeune professeure de mathématiques dans une école de l'arrière-pays, Laurie est amoureuse d'un garçon de sa génération qui, comme beaucoup d'autres, se voit davantage en prédateur qu'en compagnon enamouré : une fois sa proie séduite, il s'en désintéresse, et d'autant plus facilement qu'il lui a fait un enfant. D'où le titre du roman : pour l'homme jeune d'aujourd'hui, la femme n'est-elle pas qu'une pute conforme, c'est-à-dire un corps-objet dont on se débarrasse une fois qu'on a obtenu ce qu'on voulait de lui ?

 

Voilà ce que raconte Anick Fortin dans son roman, utilisant une langue drue qui n'épargne rien ni personne, et surtout pas le monde de l'enseignement dans lequel besogne son héroïne.

 

Un livre dur, que traverse l'érotisme et la tendresse sous forme de petits poèmes admirablement ciselés.